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Arequipa et grand sud

Arequipa : une ville à savourer

La cathédrale blanche d’Arequipa et ses deux clochers au bord de la Plaza de Armas plantée de palmiers, le volcan Misti à l’horizon
Illustration : la Plaza de Armas d’Arequipa, sa cathédrale et le Misti

Arequipa est bâtie avec la roche de ses volcans : le sillar, une pierre blanche et légère, donne à la ville son unité et son surnom de « ville blanche ». Elle se visite à pied, entre un monastère grand comme un quartier, des belvédères tournés vers le Misti et des picanterías où chaque jour a sa soupe.

Texte révisé le 11 octobre 2026

L’essentiel pour décider

Pourquoi venir
Un centre historique classé, bâti en pierre volcanique, une cuisine régionale parmi les plus riches du pays, et les volcans en toile de fond.
Temps proposé
Deux à trois jours, avant le Colca.
Place dans le voyage
Entre la côte et les Andes plus hautes : une étape d’acclimatation vers 2 300 mètres.
Pour qui
Amateurs de villes, d’architecture, de promenades et de cuisine régionale.
À prévoir
Le soleil, fort toute l’année, et les horaires des picanterías : elles servent surtout le midi.

Sources consultées le 2 octobre 2026

Voir la carte de la région
Les points situent les lieux ; ils n’indiquent ni un trajet ni un temps de route. Ensembles de voyage, pas un découpage administratif. Les points en couleur et les noms mènent à la fiche du lieu. Fond de carte : Natural Earth (domaine public). Coordonnées : Wikidata.

En bref

Deux jours pleins suffisent pour l’essentiel : le centre historique et le monastère de Santa Catalina le premier jour, le musée Santuarios Andinos, San Lázaro et le belvédère de Yanahuara le second, avec un déjeuner en picantería chaque midi. Arequipa, vers 2 300 mètres, est aussi la bonne étape d’acclimatation avant le Colca et Puno.

Une ville de pierre volcanique

Arequipa est fondée par les Espagnols le 15 août 1540, dans la vallée du Chili, sur des terres déjà habitées et cultivées. Elle est à environ 2 335 m, au pied de trois volcans visibles de presque partout : le Misti, le Chachani et le Pichu Pichu.

Le sillar est la clé de la ville. C’est une roche volcanique blanche, parfois rosée, issue d’anciennes coulées de cendres, assez tendre pour être taillée finement et assez légère pour bâtir des voûtes. Les séismes, nombreux (1600 et 1604, 1868, 1913 parmi les plus destructeurs), ont obligé à reconstruire à plusieurs reprises : d’où ces maisons basses, aux murs épais, aux arcs en plein cintre et aux toits voûtés, et ces portails sculptés où l’on voit se mêler motifs européens et végétaux ou visages andins. Les historiens d’art parlent de baroque métis : Arequipa en est l’une des références dans le sud des Andes. L’UNESCO a classé son centre historique en 2000.

Le monastère de Santa Catalina

C’est une ville dans la ville : 20 000 mètres carrés de ruelles, de places, de cloîtres et de cellules, enclos derrière un mur de quatre mètres en plein centre. Fondé en 1579 pour des religieuses dominicaines, il a accueilli jusqu’à plus de trois cents femmes au XVIIIe siècle, religieuses et servantes. Les filles des grandes familles y entraient avec une dot et faisaient bâtir leur propre cellule, parfois une petite maison avec cuisine : c’est pourquoi le plan semble désordonné. Fermé au monde pendant près de quatre siècles, il s’est ouvert aux visiteurs en 1970 ; des religieuses vivent toujours dans la partie nord.

Ce que l’on parcourt : des rues aux noms de villes espagnoles (Málaga, Córdoba, Toledo, Sevilla, Granada), des murs peints en ocre rouge et en bleu, trois cloîtres (le noviciat, le cloître des Orangers, le grand cloître), des cellules meublées et une pinacothèque installée dans l’ancien dortoir commun, avec des toiles de l’école de Cusco.

Pratique Détail
Horaires tous les jours de 9 h à 17 h ; le mardi et le mercredi jusqu’à 20 h (dernière entrée 19 h), avec visite de nuit ; fermé le Vendredi saint, le 25 décembre et le 1er janvier
Entrée S/ 50
Durée Environ une heure avec un guide, une heure et demie à deux heures seul
Conseil En fin d’après-midi, la lumière rasante donne aux couleurs des murs leur meilleur éclat ; les nocturnes du mardi et du mercredi montrent les ruelles éclairées

Juanita et le musée Santuarios Andinos

À deux pas de la Plaza de Armas, le musée de l’Université catholique de Santa María raconte la capacocha, un rituel inca au cours duquel des enfants étaient offerts aux montagnes sacrées. En 1995, l’anthropologue Johan Reinhard et l’alpiniste péruvien Miguel Zárate découvrent sur le volcan Ampato, au-delà de 6 000 mètres, le corps gelé d’une jeune fille de douze à quinze ans, morte entre 1440 et 1480 environ : « Juanita ». Le froid a conservé ses tissus, ses vêtements fins et les offrandes qui l’accompagnaient : statuettes d’or, d’argent et de coquillage, céramiques, maïs.

Les restes humains sont conservés dans une vitrine réfrigérée. Venez en sachant ce que vous allez voir, et renseignez-vous à l’entrée sur la règle concernant les photos. Calendrier : exposée de mai à décembre ; de janvier à avril, une autre momie, « Sarita », du volcan Sara Sara, la remplace pour sa conservation.

Un parcours à pied : du centre à Yanahuara

Une journée à rythme tranquille. Distances depuis la Plaza de Armas : musée Santuarios Andinos 160 m ; monastère de Santa Catalina 500 m ; marché San Camilo 700 m ; quartier de San Lázaro 700 m ; belvédère de Yanahuara 1,9 km, par le pont Grau.

  1. La Plaza de Armas, bordée d’arcades en sillar et dominée par la longue façade de la cathédrale, plusieurs fois reconstruite après les séismes.
  2. L’église de la Compagnie, à l’angle de la place : son portail sculpté est l’un des exemples les plus cités du baroque métis.
  3. Le musée Santuarios Andinos, si vous ne l’avez pas encore vu.
  4. Le monastère de Santa Catalina, en milieu de journée ou en fin d’après-midi.
  5. San Lázaro, au nord : le premier noyau de la ville, avec ses ruelles étroites et piétonnes, ses petites places et sa chapelle.
  6. Le pont Grau, puis Yanahuara, de l’autre côté du Chili : un ancien village indigène devenu quartier, avec une église au portail sculpté et un belvédère à arcades de sillar face au Misti. C’est aussi un quartier de picanterías.

Le marché San Camilo, au sud-est de la place, complète la journée pour les fruits, les fromages, les pains et un jus pressé.

Les picanterías : comprendre avant de commander

À l’origine, les picanterías étaient des débits de chicha (ici, la chicha de guiñapo, à base de maïs noir) ; elles servent des repas depuis le XIXe siècle. La picantería arequipeña a été déclarée patrimoine culturel de la nation le 23 avril 2014.

Le déjeuner. Le repas principal, appelé simplement « almuerzo », se sert de midi à 15 heures, ou jusqu’à épuisement : une soupe copieuse, puis un plat plus petit. Venez tôt, et ne prévoyez pas de grand dîner ensuite.

Une soupe pour chaque jour. La tradition associe un plat à chaque jour de la semaine, et de nombreuses picanterías la respectent :

Jour Plat du jour traditionnel
Lundi Chaque
Mardi Chairo (soupe au chuño et à la viande séchée)
Mercredi Chochoca (soupe à la farine de maïs)
Jeudi Chupe colorado ou chuño molido
Vendredi Chupe de viernes
Samedi Puchero ou timpusca
Dimanche Caldo blanco, pebre de lomos ou adobo arequipeño
Bol de soupe claire aux tripes, avec des morceaux de viande, du chou, de la pomme de terre et des grains de blé
Illustration : chaque de tripas, la soupe du lundi : un exemple parmi les soupes du jour d’Arequipa

Les grands plats à la carte. Le rocoto relleno, piment rocoto farci de viande et gratiné, très piquant même épépiné ; l’adobo, porc mariné à la chicha et aux épices, plat du dimanche matin ; le cuy chactado, cochon d’Inde aplati sous une pierre et frit ; le chupe de camarones, soupe aux écrevisses du río Majes, en saison ; le solterito, salade de fèves, fromage frais, oignon et olives. En dessert, le queso helado, une glace à la cannelle malgré son nom de « fromage glacé ».

Rocoto rouge farci de viande et gratiné au fromage, à côté d’une part de gratin de pommes de terre
Illustration : rocoto relleno
Porc mijoté dans une sauce rouge au piment, dans un bol de terre, panier de pain à côté
Illustration : adobo
Soupe orange aux crevettes dans un bol de terre, avec œuf poché, fromage frais, fèves, maïs et pommes de terre
Illustration : chupe de camarones
Saladier de fèves, de cubes de fromage frais, de tomate, d’oignon rouge, de maïs et d’olives noires
Illustration : solterito
Coupe de queso helado en copeaux, saupoudrée de cannelle
Illustration : queso helado

Une adresse : La Nueva Palomino, picantería de Yanahuara dont la carte publiée suit le calendrier des soupes de la semaine et propose le cuy chactado. Avant d’y aller pour un plat précis, demandez s’il est servi le jour voulu et pour combien de personnes.

Un, deux ou trois jours

Un jour. La Plaza de Armas et la Compagnie le matin, Santa Catalina en fin de matinée, un déjeuner en picantería, Yanahuara au coucher du soleil.

Deux jours. Ajoutez le musée Santuarios Andinos, San Lázaro et le marché San Camilo ; une visite de nuit à Santa Catalina un mardi ou un mercredi.

Trois jours. Ajoutez une matinée dans la campagne d’Arequipa (la « campiña ») et ses villages, ou une demi-journée de repos avant le Colca. Le Colca lui-même demande deux jours au moins : voir le canyon du Colca.

Où dormir

Le centre historique, autour de la Plaza de Armas et de Santa Catalina, permet de tout faire à pied ; les rues proches des bars peuvent être bruyantes le week-end. San Lázaro offre des maisons de charme dans des ruelles calmes, à quelques minutes du centre. Yanahuara, de l’autre côté du fleuve, est plus résidentiel et proche des picanterías, mais demande un taxi ou une marche de vingt-cinq minutes pour le centre. Le DFAE recommande la prudence la nuit dans le centre et les taxis commandés plutôt que hélés dans la rue.

Pour réserver, Booking (hôtels, auberges) et Airbnb (appartements) couvrent bien le centre et Yanahuara. Nous avons aussi des contacts au Pérou : écrivez-nous si vous voulez un avis ou une adresse.

Refaire la cuisine d’Arequipa chez vous

Pour retrouver ces saveurs chez vous : nos recettes de rocotos rellenos et de solterito.

Questions fréquentes

Combien de jours à Arequipa ?

Deux jours pleins pour la ville, plus deux ou trois jours pour le Colca. Une seule journée permet le centre, Santa Catalina, un déjeuner et Yanahuara, mais au pas de course.

Peut-on voir la momie Juanita toute l’année ?

Non : selon PROMPERÚ, elle est exposée de mai à décembre ; de janvier à avril, une autre momie découverte sur le volcan Sara Sara la remplace, pour la conservation.

Qu’est-ce qu’une picantería ?

Une maison de cuisine régionale, à l’origine un débit de chicha, devenue un restaurant qui sert le midi une soupe copieuse suivie d’un plat plus petit. La picantería d’Arequipa a été déclarée patrimoine culturel de la nation en 2014.

Sources et dates

6 sources

Prix, horaires et règles changent : chaque information citée renvoie à sa source, avec sa date de consultation.

Chiffres et règles cités

  • environ 2 335 m : Altitude d’Arequipa (centre) (Arequipa)
    Presse ou revendeur : Wikidata, Arequipa (Q159273), altitude (nouvel onglet) · consulté le 1er octobre 2026
  • tous les jours de 9 h à 17 h ; le mardi et le mercredi jusqu’à 20 h (dernière entrée 19 h), avec visite de nuit ; fermé le Vendredi saint, le 25 décembre et le 1er janvier : Horaires du monastère de Santa Catalina, Arequipa (Monastère de Santa Catalina, Arequipa)
    Gestionnaire du lieu : Monastère de Santa Catalina, horaires et prix (nouvel onglet) · consulté le 2 octobre 2026
  • S/ 50 : Entrée du monastère de Santa Catalina, adulte (Monastère de Santa Catalina, Arequipa) (Adulte, étranger ou péruvien (S/ 30 pour un enfant étranger de 7 à 18 ans ; gratuit avant 7 ans)) . Tarif réduit à S/ 20 le 10 de chaque mois et le dernier dimanche du mois. Visite d’environ 1 h avec guide, 1 h 30 à 2 h seul.
    Gestionnaire du lieu : Monastère de Santa Catalina, horaires et prix (nouvel onglet) · consulté le 2 octobre 2026
  • exposée de mai à décembre ; de janvier à avril, une autre momie, « Sarita », du volcan Sara Sara, la remplace pour sa conservation : Exposition de la momie « Juanita » au musée Santuarios Andinos (MUSA), Arequipa (Musée Santuarios Andinos, calle La Merced 110, Arequipa) . Musée de l’Université catholique de Santa María ; horaires et tarifs sur son site.
    Source officielle : PROMPERÚ, Museo Santuarios Andinos (nouvel onglet) · consulté le 2 octobre 2026
  • musée Santuarios Andinos 160 m ; monastère de Santa Catalina 500 m ; marché San Camilo 700 m ; quartier de San Lázaro 700 m ; belvédère de Yanahuara 1,9 km, par le pont Grau : Distances à pied depuis la Plaza de Armas d’Arequipa (Arequipa)
    Presse ou revendeur : Itinéraires piétons calculés sur OpenStreetMap (serveur de routage FOSSGIS, profil piéton) (nouvel onglet) · consulté le 2 octobre 2026

Sources consultées

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