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Lima quartier par quartier

Les quartiers de Lima : lesquels visiter ?

Pyramide en gradins de briques d’adobe, restaurée, avec des immeubles modernes derrière
Illustration : une pyramide d’adobe au milieu des immeubles

Lima compte 43 districts, plus la province voisine du Callao. Un voyageur en fréquente rarement plus de six. Les autres ne sont pas des « à-côtés » : chacun a quelques raisons précises d’y aller, qu’il vaut mieux connaître avant de traverser la ville.

Texte révisé le 7 octobre 2026

En bref

Pour dormir : Miraflores (pratique, premier séjour) ou Barranco (promenades, soirées). Pour visiter : le centre historique et le Rímac (patrimoine colonial), Pueblo Libre (Museo Larco), Barranco et Miraflores à pied. Les autres districts se visitent pour un lieu précis : l’oliveraie d’El Olivar à San Isidro, la Huaca Huantille à Magdalena, le Campo de Marte à Jesús María, le Gran Teatro Nacional à San Borja, le Morro Solar et les Pantanos de Villa à Chorrillos.

District administratif, quartier vécu

À Lima, le mot « district » désigne une commune, avec sa propre municipalité. Certains sont petits et homogènes (Barranco, Lince) ; d’autres sont immenses et très divers : Santiago de Surco s’étend sur 52 km², des quartiers résidentiels aisés de Monterrico aux zones modestes. Le Callao, enfin, n’est pas un district de Lima mais une province voisine, celle du port et de l’aéroport. Une adresse « à Surco » ou « à San Isidro » ne dit donc ni la distance de vos visites ni l’ambiance de la rue : demandez toujours le point exact sur la carte.

Les quartiers en un coup d’œil

Quartier Visiter : pourquoi Séjourner Manger Combien de temps
Miraflores Falaises et front de mer, Huaca Pucllana, Lieu de la mémoire La base la plus simple Tous formats Demi-journée à journée
Barranco Architecture de villégiature, deux musées, la mer Pour les promenades et les soirées Cafés, tabernas, cuisine d’auteur Demi-journée et soirée
Centre historique Places, cathédrale, couvents, balcons, Barrio Chino Peu conseillé pour un premier séjour Chifas, marché central Trois heures à une journée
Pueblo Libre Museo Larco, musée national, place Bolívar Calme, loin de la mer Taberna Queirolo Demi-journée
Surquillo Marchés et cuisine de quartier Moins cher, à côté de Miraflores Menús, cevicherías Une à deux heures
Callao et La Punta Forteresse du Real Felipe, îles Palomino Rarement Poisson à La Punta Demi-journée
San Isidro Oliveraie d’El Olivar, Huaca Huallamarca Calme, quartier d’affaires Restaurants d’affaires Deux heures
Magdalena del Mar Huaca Huantille, marché, église de la Cúpula Rarement Marché Deux heures
Jesús María Campo de Marte, musée d’histoire naturelle, centre culturel japonais Rarement Cuisine de quartier Deux heures
Lince Parc Ramón Castilla, cuisine régionale Rarement Cuisines du nord du pays Le temps d’un repas
San Borja Gran Teatro Nacional, Bibliothèque nationale Rarement Peu d’intérêt spécifique Une soirée de spectacle
Surco Ancien bourg, parc de l’Amitié Selon le secteur exact Selon le secteur Deux heures
Chorrillos Morro Solar, port de pêche, Pantanos de Villa Rarement Poisson et fruits de mer Demi-journée
Rímac Alameda de los Descalzos, Paseo de Aguas, patrimoine mondial Non Peu d’offre touristique Deux heures, en complément du centre
La Victoria et Gamarra Le grand quartier du textile Non Comptoirs de quartier Une matinée
Carabayllo et les lomas Lomas de Primavera, en hiver Non Non Une matinée organisée

San Isidro

San Isidro est à la fois le principal quartier d’affaires de Lima, avec ses tours de bureaux, et un district résidentiel de parcs et de villas. Pour un visiteur, deux lieux justifient le détour.

L’oliveraie d’El Olivar. En 1560, Antonio de Rivera fait venir de Séville les premiers plants d’olivier ; certains des arbres actuels seraient issus de ces premières plantations. L’oliveraie compte aujourd’hui environ 1 670 arbres sur une dizaine d’hectares, au milieu des maisons ; elle est protégée depuis 1959. C’est l’un des endroits les plus calmes de la ville pour marcher une heure.

La Huaca Huallamarca. Une pyramide de terre restaurée, avec un petit musée de site : objets organiques, textiles, céramiques et restes humains issus de contextes funéraires, d’une occupation qui va de la période formative à l’époque inca. Ouverture et tarif : du mardi au samedi et le premier dimanche du mois, de 9 h à 17 h ; S/ 5 par adulte. Moins connue que la Huaca Pucllana, elle est aussi moins fréquentée.

À savoir : San Isidro est calme le soir et le week-end dans ses zones de bureaux. Y loger convient aux voyages d’affaires ; pour un séjour de loisir, Miraflores voisin est plus vivant.

Magdalena del Mar

Magdalena est un district résidentiel et commerçant, entre San Isidro et la mer, qui montre la Lima de tous les jours.

  • La Huaca Huantille, construite par les Ychsma entre 1200 et 1450, avant l’arrivée des Incas : une place centrale entourée de banquettes et une façade pyramidale aux murs peints de bleu, de gris et de blanc. Visites : du lundi au vendredi, de 9 h à 13 h et de 14 h à 17 h.
  • L’église du Cœur-de-Marie, que les habitants appellent « La Cúpula » : une rotonde octogonale coiffée d’une coupole qui s’élève à 50 m, inaugurée en 1957.
  • Le marché de Magdalena, l’un des grands marchés de quartier de Lima, décrit dans Marchés de Lima.
  • Le théâtre Yuyachkani, troupe de théâtre expérimental qui mêle traditions andines et arts de la scène, et des ateliers d’artisans (azulejos, céramique, sculpture de métal) recensés par la municipalité.

Un matin suffit : le marché, la huaca (en semaine seulement), un déjeuner. Venez en taxi depuis Miraflores ou San Isidro.

Jesús María

Jesús María, créé en 1963, est un district résidentiel organisé autour de grands espaces publics.

  • Le Campo de Marte, ancien hippodrome devenu parc, déclaré espace vert intangible en 1968. On y trouve le monument aux défenseurs de la frontière (conflit de 1941 avec l’Équateur) et « El Ojo que Llora », mémorial aux victimes de la violence politique.
  • Le parc des Próceres, inauguré en 1971 pour les 150 ans de l’indépendance.
  • Le Musée d’histoire naturelle de l’université San Marcos, créé en 1918, sur l’avenue Arenales : collections de minéraux, de plantes et d’animaux du pays, une bonne introduction à la diversité des milieux avant un voyage en Amazonie ou dans les Andes.
  • Le centre culturel péruano-japonais, rappel de l’importante communauté d’origine japonaise de Lima, avec expositions et activités.
  • La Residencial San Felipe, ensemble de logements commencé en 1963 sur des plans d’Enrique Ciriani, connu des amateurs d’architecture pour ses duplex organisés autour d’espaces communs.

Associez Jesús María à Lince ou à Pueblo Libre, proches, plutôt qu’à Miraflores.

La Residencial San Felipe et le centre culturel péruano-japonais

La Residencial San Felipe se visite comme un quartier, pas comme un monument : des immeubles d’habitation autour d’allées piétonnes, de grands arbres qui donnent de l’ombre et des bancs, et une petite zone de commerces et de restaurants. La presse liménienne y recommande quelques adresses de quartier, dont un café, une cuisine végétale et une table japonaise. Le centre culturel péruano-japonais de l’Asociación Peruano Japonesa est à son bord, avenue Gregorio Escobedo 803 ; il abrite le restaurant Katana, cuisine japonaise et nikkei. Comptez une promenade d’une heure et un repas ; venez de jour, en taxi depuis Miraflores ou en combinant avec Lince et Pueblo Libre. Le local de Tanta de l’avenue Salaverry, à Jesús María, est une autre table proche, plus variée.

Lince

Petit district créé en 1936, traversé par les avenues Arequipa et Petit Thouars, Lince est surtout une étape gourmande : des restaurants de cuisines régionales, notamment du nord du pays, s’y sont installés. Le parc Mariscal Ramón Castilla est l’un des grands espaces verts de la ville. Notre adresse dans le quartier : Chulucanas Lima, cuisine de Piura. Venez pour un repas, sur le trajet entre Miraflores et le centre ou Jesús María.

San Borja

Créé en 1983, San Borja est un district résidentiel aéré qui concentre plusieurs grandes institutions culturelles nationales autour de l’avenue Javier Prado : le Gran Teatro Nacional, principale salle de spectacles du pays (concerts, ballets, théâtre), la Bibliothèque nationale du Pérou et le ministère de la Culture. Le bâtiment du Museo de la Nación n’abrite plus d’exposition permanente depuis 2014 : il accueille des expositions temporaires, et une grande partie des collections archéologiques a rejoint le nouveau Museo Nacional del Perú, près de Pachacámac. Le parc de la Felicidad, avec sa lagune et son amphithéâtre, est apprécié des familles.

On vient à San Borja pour un spectacle ou une exposition précise. La Ligne 1 du métro s’y arrête (stations La Cultura, San Borja Sur, Angamos).

Surco

Santiago de Surco est l’un des plus grands districts de la ville. Avant la conquête, ce territoire appartenait au domaine ychsma de Sullco ; à l’époque coloniale, le village de Santiago de Surco fut l’une des premières « réductions » d’indiens créées par le vice-roi Toledo. Le district a été créé en 1929. Pour un visiteur :

  • le vieux Surco, autour de sa place d’Armes et du complexe paroissial Santiago Apóstol, garde l’allure d’un ancien bourg ;
  • le parc de l’Amitié (Parque de la Amistad), ouvert en 2001, accueille chaque année un festival du pisco sour ;
  • de grands centres commerciaux, dont le Jockey Plaza.

Les distances à l’intérieur du district sont grandes : un logement « à Surco » peut être à vingt minutes ou à une heure de Miraflores selon le secteur et l’heure. Ne réservez pas sur la seule foi du nom.

Chorrillos

Au sud de Barranco, Chorrillos est né d’un village de pêcheurs, devenu au XIXe siècle station balnéaire. Son nom évoque les filets d’eau douce qui s’écoulaient des falaises. Il a été incendié par l’armée chilienne en janvier 1881, après la bataille de San Juan et Chorrillos, ce qui lui vaut le titre de « ville héroïque ».

  • Le Morro Solar, la colline qui ferme la baie : vue sur toute la côte de Lima, grande croix illuminée, statue de la Vierge du Morro, planétarium et monument au soldat inconnu. Montez-y en taxi plutôt qu’à pied par les chemins.
  • Le port de pêche et ses étals, en bas de la colline, où l’on voit débarquer le poisson le matin et où l’on peut manger un ceviche.
  • Les Pantanos de Villa, zone humide protégée au sud du district, refuge d’oiseaux migrateurs et résidents. Les visites se font par tours organisés : quatre tours par jour, tous les jours : 8 h 30, 10 h 30, 13 h 30 et 15 h 30 (deux heures chacun). Apportez des jumelles.
  • Le malecón Grau et la plage d’Agua Dulce, très fréquentée en été.

Une demi-journée : les Pantanos de Villa le matin (meilleur moment pour les oiseaux), un déjeuner de poisson, le Morro Solar en fin d’après-midi.

Rímac

De l’autre côté du fleuve Rímac, face au centre historique, le district du Rímac fait partie du patrimoine mondial depuis l’extension de 1991. On y passe par le pont de pierre, inauguré en 1610. Trois ensembles de la vice-royauté s’y trouvent :

  • l’Alameda de los Descalzos, promenade aménagée en 1611, qui mène à l’église et au couvent des Descalzos ;
  • le Paseo de Aguas, construit entre 1770 et 1776 sous le vice-roi Amat ;
  • les arènes d’Acho, inaugurées en 1766.

En bordure du fleuve, le district compte aussi Cantagallo, l’établissement d’Autochtones amazoniens le plus connu de Lima, où vivent des familles shipibo-konibo venues de l’Ucayali. On n’y entre pas comme dans un site touristique : on peut y acheter des broderies et peintures kené lors d’événements ou de foires ouvertes au public, ou par l’intermédiaire d’associations, avec l’accord des habitants.

À savoir : le Rímac se visite en complément du centre historique, de jour, avec un trajet précis (pont de pierre, Alameda, Paseo de Aguas) plutôt qu’en errant. La montée au Cerro San Cristóbal se fait en véhicule organisé.

La Victoria et Gamarra

La Victoria, à l’est du centre, abrite Gamarra, le plus grand pôle textile du pays : des milliers d’ateliers et de commerces de vêtements dans un quadrilatère de galeries. Il fait l’objet d’une page dédiée : Gamarra.

Au sud-est du district, du côté de San Borja, Santa Catalina est un secteur résidentiel. Le guide y retient une cebichería de quartier, El Limón, avenue del Aire : on y va pour le déjeuner, en taxi commandé, plutôt qu’en promenade.

Carabayllo et les lomas du nord

Les districts du nord de Lima, comme Carabayllo, sont des quartiers d’habitation installés sur les collines désertiques qui entourent la ville. Il n’y a pas lieu d’y faire une « visite » des quartiers populaires. Il y a en revanche un paysage remarquable à découvrir en saison : les lomas, collines que la brume d’hiver couvre de végétation entre juin et octobre environ. Les Lomas de Primavera, à Carabayllo, se parcourent par un sentier d’environ 3,6 km avec des fleurs d’amancay, des arbustes et des rapaces. Des visites et marches sont organisées par une association écologique locale : passez par elles plutôt que de monter seul dans les collines. Pour une sortie plus simple, la réserve nationale de Lomas de Lachay, au nord de Lima, présente le même écosystème dans une aire protégée.

Sources et dates

11 sources

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Chiffres et règles cités

Sources consultées

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