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Séismes et tsunamis au Pérou : comprendre et se préparer

Le Pérou se trouve à la rencontre de deux plaques tectoniques : l’Institut géophysique du Pérou y signale plus de deux séismes par jour en moyenne, le plus souvent sans dégâts, et le pays a connu au fil des siècles de grands séismes et des tsunamis. Cette page explique d’où viennent ces secousses, ce que disent vraiment les chiffres, ce que l’on peut attendre d’un bâtiment, et les quelques gestes qui comptent.

Texte révisé le 12 octobre 2026
Une voyageuse marche sur un large trottoir dallé bordé de façades jaunes à balcons de bois, vers une place et une église baroque
Illustration : à pied dans un centre historique aux balcons de bois

En bref

Le Pérou est l’un des pays les plus sismiques du monde : l’Institut géophysique du Pérou (IGP) a publié 840 rapports de séismes en 2025, la plupart de magnitude modeste. Personne ne sait prédire le prochain grand séisme ; ses effets dépendront de sa profondeur, du sol et de la qualité des bâtiments plus que de sa seule magnitude. Pendant une secousse, protégez-vous là où vous êtes, loin des vitres et de ce qui peut tomber, en suivant les panneaux « zona segura » ; évacuez quand elle s’arrête. Au bord de la mer, une secousse forte ou longue suffit pour gagner les hauteurs sans attendre d’alerte.

Pourquoi la terre tremble au Pérou

La surface de la Terre est découpée en grandes plaques rigides, les plaques tectoniques, qui se déplacent de quelques centimètres par an. Au large du Pérou, la plaque de Nazca, qui porte le fond de l’océan Pacifique, avance vers l’est et rencontre la plaque sud-américaine, qui porte le continent. Plus dense, elle s’enfonce sous elle : c’est la subduction. Selon l’Institut géophysique du Pérou (IGP), les deux plaques convergent à une vitesse moyenne de 7 à 8 centimètres par an (rapport de l’IGP sur le séisme de Pisco), sans interruption depuis des millions d’années.

Les plaques ne glissent pas en douceur. Leur contact reste bloqué pendant des années ou des siècles, la roche se déforme et accumule de l’énergie, puis cède d’un coup : c’est un séisme. Cette même poussée déforme le bord du continent : elle est liée à la formation de la cordillère des Andes, et elle fait encore jouer des failles dans la croûte andine. Le Pérou fait partie de la ceinture de feu du Pacifique, l’anneau de zones de subduction qui entoure cet océan : selon l’IGP, plus de 80 % des séismes du monde se concentrent autour de la plaque Pacifique (IGP, septembre 2026).

Coupe simplifiée de la subduction sous le PérouDe gauche (ouest) à droite (est) : l’océan Pacifique, la fosse, la côte, les Andes et l’Amazonie. La plaque de Nazca avance vers l’est d’environ 7 à 8 centimètres par an et plonge sous la plaque sud-américaine. Trois repères numérotés situent les séismes d’interface, ceux de la plaque plongeante et ceux de la croûte continentale.OuestEstOcéan PacifiqueFosseCôteAndesAmazoniePlaque sud-américainePlaque de Nazcaenviron 7 à 8 cm par anManteau123
  1. Séisme d’interface : au contact des deux plaques, sous la mer et sous la côte, jusqu’à 60 km de profondeur environ. Les plus grands séismes connus au Pérou sont de ce type.
  2. Séisme dans la plaque plongeante : plus profond, de 60 à 150 km dans le nord et le centre, jusqu’à 300 km dans le sud ; ressenti sur une vaste zone.
  3. Séisme de la croûte continentale : sur une faille des Andes, en général à moins de 15 km de profondeur ; effets concentrés près de l’épicentre.
Illustration : schéma simplifié de la subduction de la plaque de Nazca sous la plaque sud-américaine, en coupe d’ouest en est (proportions et profondeurs non respectées).

Trois familles de séismes

L’IGP distingue trois grandes origines, qui n’ont ni la même profondeur ni les mêmes effets.

Au contact des deux plaques. Ce sont les séismes d’interface, sous la mer et sous la côte, jusqu’à environ 60 kilomètres de profondeur. Ils sont les plus fréquents et peuvent être les plus puissants : le séisme de Pisco, en 2007, est né à une quarantaine de kilomètres de profondeur, au large de la côte. Ce sont aussi ceux qui peuvent soulever le fond de la mer et provoquer un tsunami.

Dans la plaque qui s’enfonce. Sous le continent, la plaque de Nazca continue de descendre et se déforme elle-même : ce sont les séismes intraplaques, ou de profondeur intermédiaire. L’IGP les situe jusqu’à 150 kilomètres de profondeur dans le nord et le centre du pays, jusqu’à 300 kilomètres dans le sud. Le séisme de magnitude 7,0 du 20 août 2026, dans la région d’Ayacucho, en est un exemple : son foyer se trouvait à 108 kilomètres sous terre (IGP). Plus rares, des séismes très profonds, entre 500 et 700 kilomètres, se produisent près des frontières avec le Brésil et la Bolivie.

Dans la croûte des Andes. La poussée des plaques fait aussi jouer des failles dans la croûte continentale. Ces séismes crustaux (ou « corticaux ») sont en général superficiels, à moins de 15 kilomètres de profondeur selon l’IGP. L’institut cite parmi les failles connues celles de Tambomachay près de Cusco, de Huambo-Cabanaconde et d’Ichupampa dans la région d’Arequipa, de Huaytapallana et des Altos del Mantaro dans la région de Junín, ou de la Cordillère Blanche en Áncash. Le séisme de Chupaca (Junín), le 18 juillet 2026, était de ce type : magnitude 5,4, à 9,5 kilomètres de profondeur seulement.

Pourquoi la profondeur change tout

Plus le foyer est profond, plus les ondes parcourent de chemin avant d’atteindre la surface : elles s’affaiblissent, mais s’étalent sur une plus grande zone. Un séisme profond est donc souvent ressenti très loin, avec des secousses plus modérées au-dessus de lui. Le séisme d’Ayacucho de 2026 a été ressenti dans un rayon d’environ 450 kilomètres, mais l’IGP n’a relevé ni dommages ni effets notables au-delà de 200 kilomètres de l’épicentre. À l’inverse, un séisme crustal de magnitude modérée peut être violent sur une petite zone, juste au-dessus de lui.

Comme le résume l’IGP, la distance et la profondeur atténuent en général la secousse, mais ce sont la profondeur, le type de sol et la qualité des constructions qui déterminent finalement le niveau des dégâts.

Les mots et les mesures

Séisme, sismo, temblor, terremoto

En français, séisme et tremblement de terre désignent la même chose. Au Pérou, les institutions emploient sismo dans leurs rapports. Dans la conversation, on entend surtout temblor, et terremoto pour une secousse violente et destructrice. Le dictionnaire de l’Académie royale espagnole les donne comme synonymes, en précisant seulement que terremoto évoque une secousse violente et temblor une secousse de faible intensité, ou tout séisme en Amérique latine. Aucune magnitude officielle ne fait passer d’un mot à l’autre : c’est une affaire d’usage, pas une échelle.

Foyer, épicentre, profondeur, répliques

Le foyer (ou hypocentre) est le point, sous terre, où la rupture commence. L’épicentre est le point de la surface situé juste au-dessus. La profondeur est la distance entre les deux. Pour un grand séisme, ce point n’est qu’un départ : la rupture s’étend ensuite sur une faille qui peut mesurer plus de cent kilomètres de long.

Les répliques sont les séismes plus petits qui suivent un séisme important, dans la même zone, pendant des jours, des semaines ou davantage. Après le séisme de Pisco, l’IGP en a enregistré plusieurs centaines dans les jours suivants. Elles ne sont pas anodines : à Chupaca, en 2026, une réplique de magnitude 5,0 a fait tomber des maisons déjà touchées par le séisme principal.

Magnitude et intensité

Ce sont deux mesures différentes, que l’on confond souvent.

Magnitude Intensité
Ce qu’elle décrit La taille du séisme à sa source Les effets ressentis et observés en un lieu donné
Combien de valeurs Une seule par séisme, parfois révisée dans les heures qui suivent Une par lieu : elle diminue en général avec la distance
Comment on l’écrit Un nombre décimal : 5,4 ; 7,9 Des chiffres romains, de I à XII, sur l’échelle de Mercalli modifiée
Comment on l’obtient Calcul à partir des enregistrements des sismographes Observations et témoignages : objets qui tombent, fissures, dégâts

La magnitude de moment, notée Mw, est aujourd’hui la mesure de référence pour la plupart des séismes : elle s’appuie sur les propriétés physiques de la rupture (surface de la faille, glissement, rigidité de la roche). L’échelle de Richter, créée en 1935 pour les séismes de Californie, a popularisé l’idée de magnitude, mais elle n’est plus guère utilisée (USGS). Les deux ne donnent pas toujours le même chiffre : pour le séisme de Pisco, l’IGP a calculé une magnitude locale de 7,0 « sur l’échelle de Richter » et une magnitude de moment de 7,9. C’est la seconde qui décrit le mieux un séisme de cette taille.

Deux services peuvent aussi publier des valeurs légèrement différentes pour le même séisme : 7,9 pour l’IGP, 8,0 pour le service géologique des États-Unis (USGS), toujours pour Pisco. Ce n’est pas une erreur, mais deux calculs à partir de données différentes.

Une échelle qui grimpe vite

La magnitude est logarithmique. Selon l’USGS, chaque point de plus correspond à une amplitude dix fois plus grande sur un sismogramme, l’enregistrement des vibrations, et à environ 32 fois plus d’énergie libérée. Un séisme de magnitude 8 libère donc environ mille fois plus d’énergie (32 × 32) qu’un séisme de magnitude 6. C’est pour cela qu’une magnitude « juste un peu plus forte » change tout.

Il faut toutefois distinguer trois choses : l’énergie libérée à la source, l’amplitude mesurée par un instrument à un endroit, et les dégâts, qui dépendent de tout le reste. Aucune des trois ne se déduit simplement des deux autres.

Deux séismes de même magnitude, deux histoires différentes

Le Pérou en offre un exemple frappant. Le 15 août 2007, le séisme de Pisco, de magnitude 8,0 selon l’USGS, s’est produit à une quarantaine de kilomètres de profondeur, près de la côte ; l’USGS compte au moins 514 morts et plus de 39 700 bâtiments endommagés ou détruits. Le 26 mai 2019, un autre séisme de magnitude 8,0 a frappé le nord du pays, mais à environ 110 kilomètres de profondeur, sous la forêt amazonienne : l’USGS rapporte deux morts, des centaines de maisons endommagées et deux ponts effondrés dans la région de Yurimaguas. Même magnitude, profondeur, distance aux villes et bâtiments différents.

Combien de séismes ? Fréquence et comparaisons

Enregistrés, ressentis, destructeurs

Le nombre de séismes dépend de ce que l’on compte. Les instruments en enregistrent beaucoup plus que la population n’en ressent, et seule une petite partie cause des dégâts.

Au Pérou, le Centre sismologique national de l’IGP (CENSIS) publie un rapport pour chaque séisme notable situé dans le pays ou au large de sa côte. Il en a publié 840 en 2025 et 798 en 2024, la plupart de magnitude comprise entre 3 et 5 d’après ses bulletins mensuels (bulletin de décembre 2025). Cela fait plus de deux par jour en moyenne. Une partie se produit en mer, et un séisme de cette taille n’est en général ressenti qu’à proximité de son épicentre.

En Suisse, le Service sismologique suisse (SED) enregistre en moyenne trois à cinq séismes par jour en Suisse et dans les pays voisins, soit 1 000 à 2 000 par an, mais la population n’en ressent que 20 à 30 par an ; le SED précise que ce nombre dépend aussi de la densité du réseau de stations (SED). Les deux chiffres ne se comparent donc pas : le Pérou compte les séismes qui font l’objet d’un rapport, la Suisse tous ceux que ses instruments détectent, même minuscules.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Un nombre annuel de séismes pour tout un pays ne se transforme pas en probabilité pour un voyageur. Il ne dit ni où, ni quand, ni avec quelle force la terre tremblera pendant un séjour de deux semaines, et un grand nombre de petits séismes ne rend pas un grand séisme plus ou moins proche. Ce qu’il dit, c’est qu’au Pérou, sentir une secousse fait partie de la vie normale, et qu’il est utile de savoir comment réagir.

Le Pérou, le Chili, le Japon et la Suisse

Comparer des pays n’a de sens que sur des éléments comparables : l’origine des séismes, les plus forts connus, et la manière dont chacun s’y prépare. Un classement de pays « sûrs » et « dangereux » n’en aurait aucun.

Pays Origine principale des séismes Séismes de référence
Pérou Subduction de la plaque de Nazca sous la plaque sud-américaine, failles des Andes 1868, sud du Pérou et nord de l’actuel Chili, magnitude estimée à 9 environ ; 2001, sud du Pérou, Mw 8,4 (USGS)
Chili La même subduction, plus au sud 1960 à Valdivia, Mw 9,5, le plus fort séisme jamais enregistré par des instruments ; 2010 au Maule, Mw 8,8 (USGS)
Japon Plusieurs zones de subduction et de nombreuses failles actives 2011 dans le Tōhoku, Mw 9,1 (USGS)
Suisse Collision des plaques africaine et européenne dans les Alpes Bâle en 1356, magnitude estimée à 6,5 ou 6,6 ; un séisme de magnitude 6 ou plus tous les 50 à 150 ans en moyenne (SED)

La préparation varie autant que la géologie. Le Japon diffuse depuis le 1er octobre 2007 des alertes précoces nationales, quelques secondes avant les fortes secousses (JMA). Le Pérou déploie un système de ce type, encore en phase de mise en service en 2026 (voir plus bas). En Suisse, le SED évalue à 1 % la probabilité d’un séisme de magnitude 6 ou plus l’année prochaine, et rappelle qu’aucune région du pays n’échappe à l’aléa sismique.

Quelques séismes pour comprendre

Ces quatre séismes ne résument pas l’histoire du pays : chacun montre un aspect différent du phénomène. Les magnitudes anciennes sont des estimations faites après coup, à partir des descriptions d’époque.

Année et lieu Magnitude Ce qu’il permet de comprendre
1746, Lima et Callao Estimée entre 8,0 et 9,2 selon les études ; aucun instrument n’existait Un très grand séisme d’interface au large de la capitale, suivi d’un tsunami. Lima est presque entièrement détruite par les secousses ; le port du Callao l’est par la vague.
1970, Áncash 7,9 (Mw) Un séisme sous la mer, au large de Chimbote : des maisons en adobe effondrées sur la côte et dans les vallées, et, loin de la côte, une avalanche déclenchée sur le Huascarán.
2001, sud du Pérou 8,4 (Mw) Un séisme d’interface suivi d’un tsunami local, arrivé sur la côte de Camaná environ un quart d’heure après la secousse.
2007, Pisco, Chincha, Ica 7,9 (IGP) ou 8,0 (USGS) Une rupture longue et complexe, des maisons d’adobe qui s’effondrent, des sols qui se liquéfient sur la côte et un petit tsunami au sud de Paracas.

1746. Le soir du 28 octobre, une très forte secousse ruine Lima : selon le rapport officiel de l’époque, cité par le catalogue de la NOAA, elle fait 1 141 morts sur environ 60 000 habitants. Environ une demi-heure plus tard, selon les récits compilés par la NOAA, la mer submerge le Callao : presque toute la population du port périt, et environ 200 personnes seulement survivent. Pour la magnitude, le même catalogue recense des estimations allant de 8,0 à 9,2 : l’écart vient des méthodes, puisqu’il n’existait aucun instrument. Ce séisme a durablement changé la manière de construire à Lima, avec des étages légers en quincha, une armature de bois et de roseaux couverte de boue (voir le centre historique).

1970. Le 31 mai, un séisme de magnitude 7,9 se produit sous la mer, à quelques dizaines de kilomètres de profondeur, au large de Chimbote. Dans la vallée du Callejón de Huaylas et sur la côte, beaucoup de maisons en adobe, souvent bâties sur des alluvions, s’effondrent. Dans la Cordillère Blanche, les secousses détachent une partie du sommet nord du Huascarán : l’avalanche de glace, de roches et de boue ensevelit la ville de Yungay. Le catalogue de la NOAA compte 66 794 morts pour l’ensemble de l’événement ; l’étude de l’USGS publiée en 1971 en attribue plus de 18 000 à cette seule avalanche. Un effet secondaire peut donc, à lui seul, faire des milliers de victimes loin de l’épicentre (voir Huaraz).

2001. Le 23 juin, un séisme de magnitude 8,4 rompt l’interface des plaques au large du sud du pays. Les secousses endommagent de nombreux bâtiments historiques d’Arequipa, et des glissements de terrain coupent des routes. Sur la côte, un tsunami local frappe Camaná : l’USGS compte au moins 74 morts, dont 26 dus à la vague, et 64 disparus dans la zone de Camaná et Chala. Selon une référence citée par la NOAA, la vague a atteint les stations balnéaires de Camaná environ un quart d’heure après le séisme.

2007. Le 15 août, le séisme de Pisco dure longtemps : l’IGP a mesuré deux ruptures successives, séparées d’environ 70 secondes, pour un processus total d’environ 210 secondes. À Pisco, environ 80 % des logements sont endommagés, surtout les maisons et les églises en adobe et en quincha. Le sol se liquéfie par endroits le long de la côte, et la route panaméricaine se fissure. Un tsunami atteint le sud de la péninsule de Paracas : au hameau de Lagunilla, trois personnes qui ne s’étaient pas éloignées de la plage meurent, alors que des hauteurs se trouvaient à moins de 100 mètres, selon les observations compilées par la NOAA.

Pourquoi les effets varient d’un lieu à l’autre

Pour un même séisme, deux endroits proches peuvent vivre des secousses très différentes. Cinq facteurs se combinent :

  • la distance au foyer, qui atténue en général la secousse ;
  • la profondeur du séisme, comme on l’a vu plus haut ;
  • le sol, qui peut amplifier ou non le mouvement ;
  • la durée des secousses : plus elles durent, plus un bâtiment fragile risque de céder ;
  • le bâtiment lui-même : sa conception, ses matériaux et la qualité de sa construction.

Le sol : amplification, liquéfaction, glissements

Quand les ondes passent d’une roche rigide à un sol plus meuble, comme des sables, des argiles ou des remblais, le mouvement peut s’amplifier : c’est l’amplification locale. Après le séisme de Chupaca de 2026, l’IGP a mesuré dans certains quartiers un mouvement du sol amplifié plus de deux fois et demie, avec des dégâts concentrés sur les maisons en adobe, alors que des localités voisines étaient à peine touchées. Son directeur résume : deux logements situés à quelques mètres l’un de l’autre peuvent connaître des secousses et des dégâts complètement différents (IGP, août 2026).

La liquéfaction touche surtout des sols sableux gorgés d’eau : pendant les secousses, ils perdent leur résistance et se comportent un moment comme un liquide, si bien que des constructions s’enfoncent ou penchent. Elle a été observée sur la côte lors du séisme de Pisco. En montagne, les secousses déclenchent souvent des chutes de pierres et des glissements de terrain : après le séisme d’Ayacucho de 2026, l’IGP a relevé de nombreux éboulements sur les pentes autour de Coracora.

Lima

Lima et le Callao se trouvent face à la zone de contact des plaques. La norme parasismique péruvienne les classe dans la zone 4, la plus exigeante. La ville a connu de forts séismes au XXe siècle, notamment en 1940, 1966 et 1974, tous de magnitude supérieure à 8 selon le catalogue de la NOAA. L’IGP estime que la zone de contact au large de la côte centrale accumule de l’énergie depuis le séisme de 1746 et qu’elle pourra produire un séisme de grande magnitude, suivi d’un tsunami ; personne ne peut dire quand (IGP, septembre 2026).

Le sol de l’agglomération est très varié. Le Centre péruvien-japonais de recherches sismiques (CISMID) de l’Université nationale d’ingénierie a cartographié, district par district, les types de sols, leurs facteurs d’amplification et les zones inondables en cas de tsunami : c’est le microzonage sismique de Lima et du Callao, réalisé avec le ministère du Logement et intégré en une seule carte en 2021 (CISMID).

C’est pourquoi un quartier ne se juge pas sur sa réputation. Le sol peut changer d’une rue à l’autre, et dans une même rue se côtoient un immeuble récent conçu par des ingénieurs, une maison ancienne en adobe et une construction agrandie étage par étage sans étude. Et une façade neuve ne dit rien des fondations ni du ferraillage. Pour choisir un quartier selon d’autres critères, voir quel quartier choisir à Lima.

La côte, les Andes, l’Amazonie

Sur la côte, on vit au plus près des grands séismes d’interface, et les zones basses du littoral peuvent être atteintes par un tsunami. Beaucoup de villes y sont bâties sur des alluvions et des sables, plus sensibles à l’amplification et à la liquéfaction.

Dans les Andes, s’ajoutent les failles de la croûte et les séismes de la plaque plongeante. L’adobe, encore très répandu, et les pentes, sources d’éboulements, pèsent lourd dans les dégâts. Le sud compte aussi des volcans actifs, comme le Misti au-dessus d’Arequipa, que l’IGP surveille.

En Amazonie, les secousses fortes sont moins fréquentes, et la norme classe par exemple la province de Maynas, celle d’Iquitos, dans la zone 1, la moins exposée. Mais des séismes profonds, comme celui de 2019, peuvent y être ressentis fortement et endommager des bâtiments.

Aucune de ces régions n’est « sûre » ou « dangereuse » en bloc : à l’intérieur de chacune, le sol, la pente, la distance aux failles et surtout la qualité du bâtiment font la différence.

Les normes parasismiques péruviennes

Le Règlement national des constructions et la norme E.030

Au Pérou, les règles de construction sont réunies dans le Règlement national des constructions (Reglamento Nacional de Edificaciones, RNE), approuvé en 2006 et tenu à jour par le ministère du Logement ; le SENCICO, organisme public de formation et de normalisation du secteur de la construction, en diffuse les textes. Sa norme E.030 « Diseño Sismorresistente » (conception parasismique) s’applique dans tout le pays aux bâtiments neufs, au renforcement des bâtiments existants et à la réparation de ceux qu’un séisme a endommagés.

Cette norme vient d’être modifiée : la résolution ministérielle 183-2026-VIVIENDA, du 28 avril 2026, en a approuvé une nouvelle version, préparée par un groupe de travail créé en 2024 et soumise à consultation publique en 2025 (MVCS). Elle classe les sols selon de nouveaux critères, impose pour les bâtiments importants de la zone 4 la mesure de la période de vibration propre du terrain, exige d’analyser l’action du séisme dans deux directions à la fois, revoit les règles des immeubles à murs porteurs minces en béton et fixe des exigences minimales pour les études de microzonage.

Une disposition transitoire, modifiée le 2 juin 2026 par la résolution 217-2026-VIVIENDA, permet aux projets déjà engagés à cette date (dossier technique en préparation ou approuvé, permis de construire demandé ou obtenu, avant-projet déposé) de se terminer selon le texte antérieur. Un immeuble livré en 2026 ou dans les années suivantes peut donc avoir été conçu selon l’une ou l’autre version : ce n’est pas un défaut en soi, mais une question à poser.

La norme découpe le pays en quatre zones sismiques. À chacune correspond une accélération du sol de référence, celle qui a 10 % de probabilité d’être dépassée en 50 ans sur un sol rigide : 0,45 fois la pesanteur en zone 4, où se trouvent Lima et le Callao, et 0,10 en zone 1. C’est une estimation probabiliste du mouvement du sol, pas une magnitude.

Ce que la norme cherche à obtenir

L’objectif est écrit dès l’article 2 : éviter les pertes de vies humaines, assurer la continuité des services de base et limiter les dommages matériels. Concrètement, la norme demande que :

  • face à des secousses sévères pour le lieu, la structure ne s’effondre pas et ne cause pas de dommages graves aux personnes, même si elle subit des dommages importants ;
  • face à des secousses modérées, elle résiste avec des dommages réparables ;
  • les bâtiments essentiels, comme les hôpitaux, restent en état de fonctionner après un séisme sévère ; les nouveaux hôpitaux des zones 3 et 4 doivent d’ailleurs reposer sur des isolateurs sismiques, des appuis qui découplent le bâtiment du sol.

« Parasismique » ne veut donc pas dire « sans dommage ». La norme accepte qu’un bâtiment soit abîmé par un séisme sévère, pourvu qu’il ne s’écroule pas sur ses occupants. Et elle ne raisonne pas en magnitude : un bâtiment est conçu pour le mouvement du sol attendu à son emplacement, selon la zone, le sol et l’usage, pas pour « résister à un séisme de magnitude 8 ».

Trois maillons comptent autant les uns que les autres : l’étude de sol, qui fixe les paramètres du terrain ; la conception de la structure, que la norme veut simple, symétrique, continue et capable de se déformer sans rompre ; et l’exécution, que la norme associe expressément à une bonne pratique de construction et à une supervision rigoureuse. Une belle conception mal exécutée ne protège pas.

Une norme n’est pas une garantie

L’existence d’une norme ne dit rien de la conformité d’un bâtiment précis. Selon la Política Nacional de Vivienda y Urbanismo adoptée en 2021, près de 70 % des logements du pays ont été construits sans assistance technique (Andina). Beaucoup de maisons s’agrandissent étage par étage, au fil des moyens de la famille.

Ni l’âge, ni le prix, ni le quartier, ni l’aspect neuf ne suffisent à juger. Un bâtiment ancien peut avoir été bien conçu et renforcé ; un immeuble récent peut avoir été construit sans contrôle. Certains défauts se voient pourtant : un étage ajouté visiblement après coup, un rez-de-chaussée très ouvert (garage, commerce) sous des étages pleins, ce que la norme appelle un « étage souple » (piso blando), ou des fissures dans les poteaux et les poutres.

Les questions à poser pour un logement

Pour quelques nuits à l’hôtel, il suffit de repérer les sorties et la zone de sécurité de son étage. Pour une location longue, un achat ou des travaux, quelques questions sont raisonnables :

  • Le bâtiment a-t-il un permis de construire (licencia de edificación) et une réception des travaux par la municipalité ?
  • En quelle année a-t-il été conçu, et selon quelle version de la norme ?
  • Une étude de sol a-t-elle été réalisée, et par qui ?
  • Les plans de structure sont-ils signés par un ingénieur civil ? Pouvez-vous en obtenir une copie ?
  • Des étages ont-ils été ajoutés après la construction d’origine, et avec quel permis ?
  • Où sont les sorties, l’escalier, la zone de sécurité et le point de rassemblement ?

Faites appel à un ingénieur civil indépendant, inscrit au Colegio de Ingenieros del Perú (CIP), avant d’acheter ou de rénover, si les réponses manquent, ou si vous voyez des fissures dans la structure. Après un séisme, la norme prévoit elle-même qu’un ingénieur civil évalue les structures et décide s’il faut les réparer, les renforcer ou les démolir. Pour le reste du choix d’un logement de longue durée, voir rester plusieurs semaines à Lima.

Les tsunamis

Une vague pas comme les autres

Un tsunami est une série de vagues provoquée par un brusque déplacement d’une grande masse d’eau, le plus souvent par un séisme sous la mer, parfois par une éruption ou un glissement sous-marin. Ce n’est pas une grosse vague de tempête. Les vagues ordinaires et la houle sont formées par le vent et ne remuent que la surface ; la marée monte et descend lentement, selon un horaire prévisible. Un tsunami, lui, met en mouvement toute l’épaisseur de l’océan : au large, il passe presque inaperçu et voyage à la vitesse d’un avion de ligne, puis il ralentit et grossit en arrivant près des côtes (NOAA).

À terre, il ressemble moins à un rouleau qu’à une montée rapide de la mer, qui entre loin dans les terres avec de violents courants, puis se retire. Il y a plusieurs vagues, parfois pendant des heures, et la première n’est pas forcément la plus haute (NOAA).

Quand un séisme peut-il en provoquer un ?

Un séisme produit un tsunami quand il soulève ou abaisse brusquement le fond de la mer sur une grande surface. Au Pérou, ce sont surtout les grands séismes d’interface, sous la mer et peu profonds, qui le peuvent : ceux de 1746, 2001 et 2007 en ont tous produit un. Un séisme profond, comme celui de 2019 ou celui d’Ayacucho en 2026, ou un séisme sous le continent, ne déplace pas le fond de l’océan.

Origine proche ou lointaine

Un tsunami d’origine proche naît d’un séisme au large des côtes péruviennes. La secousse est alors ressentie, et la vague peut arriver en quelques minutes : à Camaná, en 2001, environ un quart d’heure après. Le séisme lui-même est le premier avertissement.

Un tsunami d’origine lointaine vient d’un séisme de l’autre côté du Pacifique. On ne sent rien, mais on dispose de plusieurs heures, et ce sont les alertes officielles qui préviennent. En juillet 2025, après un très fort séisme au large de la Russie, la Marine péruvienne a émis une alerte au tsunami ; le ministère du Tourisme a demandé aux visiteurs de ne pas embarquer pour des sorties en mer et de rester à distance du littoral tant que l’alerte durait (MINCETUR).

Relief, cartes d’inondation et alertes qui évoluent

Le danger dépend du relief. Une plage, une baie basse, un port ou l’embouchure d’une rivière sont exposés ; un secteur en hauteur l’est beaucoup moins. À Lima, les plages de la Costa Verde s’étendent au pied des falaises, et La Punta comme une partie du Callao sont des terres basses : lors du séisme de 2007, la mer est entrée de plusieurs mètres dans certaines rues du Callao, selon l’IGP. Mais aucun quartier n’est « protégé » en bloc : ce qui compte, c’est l’altitude de l’endroit précis et le chemin pour l’atteindre.

Au Pérou, la Marine de guerre, par sa Direction d’hydrographie et de navigation (DHN), exploite le Centre national d’alerte aux tsunamis (CNAT) et publie des cartes d’inondation des localités côtières. Les municipalités balisent des itinéraires d’évacuation (« ruta de evacuación ») vers des zones sûres en hauteur ; l’INDECI mentionne aussi des immeubles identifiés comme aptes à l’évacuation verticale, quand aucune hauteur n’est accessible à pied.

Une alerte n’est pas figée. Juste après un séisme, on connaît sa position et une magnitude provisoire ; les bulletins se précisent ensuite avec les mesures du niveau de la mer. Une alerte peut donc être renforcée, maintenue ou levée en quelques heures. Le retour vers le littoral se fait seulement quand les autorités l’autorisent : la levée d’une alerte ne signifie pas toujours que tout danger est écarté (NOAA).

Les signes naturels qui justifient de partir

Pour un tsunami d’origine proche, il n’y a parfois pas le temps d’attendre un message officiel. Le service météorologique des États-Unis (NOAA) décrit trois signes naturels ; un seul suffit pour agir :

  • une secousse forte, qui empêche de tenir debout, ou longue ;
  • un comportement anormal de la mer : une montée rapide, comme une crue, ou au contraire un retrait soudain qui découvre le fond ;
  • un grondement venu de l’océan, comme un train ou un avion.

La mer ne se retire pas toujours avant un tsunami : la première vague peut arriver sans retrait. L’INDECI recommande, après un séisme, de s’éloigner de la mer tant que la possibilité d’un tsunami n’est pas écartée (INDECI).

Les bons réflexes

Les gestes officiels péruviens distinguent deux temps : se protéger pendant la secousse, puis évacuer quand elle s’arrête et que l’on peut le faire en sécurité. Lors des exercices nationaux, l’INDECI demande de rester dans une zone sûre pendant les deux premières minutes, puis d’évacuer dans l’ordre vers les zones sûres extérieures et les points de rassemblement (INDECI, octobre 2026).

Avant

  • À l’hôtel ou au logement, repérez les sorties, l’escalier et les panneaux « Zona segura en caso de sismo », qui indiquent l’endroit retenu par l’établissement.
  • Gardez à portée de main une petite réserve : eau, lampe, téléphone chargé, médicaments personnels, copie du passeport. L’INDECI conseille aux familles une « mochila para emergencias » (eau, nourriture en conserve, lampe, radio à piles, médicaments, couvertures).
  • Notez les numéros d’urgence : SAMU 106, pompiers 116, police 105. Voir aussi sécurité au quotidien.
  • Au bord de la mer, repérez dès l’arrivée l’itinéraire d’évacuation et la hauteur la plus proche.

Pendant la secousse

Où vous êtes Pendant la secousse Quand elle s’arrête
Dans un bâtiment Restez à l’intérieur. Gagnez la zone de sécurité la plus proche, loin des vitres, des étagères et de ce qui peut tomber. Ne courez pas vers la sortie si vous ne pouvez pas l’atteindre tout de suite, et ne prenez pas l’ascenseur. Sortez calmement par l’escalier vers la zone extérieure ou le point de rassemblement, avec vos affaires essentielles.
Dehors Éloignez-vous de ce qui peut tomber : façades, vitrines, poteaux, câbles, murs. En montagne, écartez-vous des pentes et des falaises. Restez dans un espace dégagé et attendez les consignes.
Au bord de la mer Protégez-vous de ce qui peut tomber. Si la secousse a été forte ou longue, partez à pied vers les hauteurs ou l’intérieur des terres, sans attendre d’alerte, en suivant les panneaux.

Après

  • Attendez-vous à des répliques et n’entrez pas dans un bâtiment endommagé.
  • Si vous sentez une odeur de gaz, sortez et prévenez ; l’INDECI conseille de vérifier les fuites de gaz après un séisme.
  • Écrivez plutôt que d’appeler : les lignes sont vite saturées, les messages passent mieux (INDECI).
  • Suivez les informations officielles : IGP pour le séisme, Marine (DHN) pour un tsunami, INDECI et autorités locales pour les consignes. Prévenez vos proches.

Les simulacres. Le Pérou organise plusieurs fois par an des exercices nationaux (simulacros), annoncés à l’avance par l’INDECI ; le troisième de 2026 était fixé au 13 octobre, à 20 h. Si vous êtes sur place pendant l’un d’eux, vous entendrez des sirènes et vous pourrez recevoir un message sur votre téléphone : suivez simplement les consignes du personnel de l’hôtel ou du lieu où vous êtes.

Prévoir, estimer, détecter, alerter

Ces quatre mots ne désignent pas la même chose.

Prédire un séisme, ce serait annoncer à l’avance sa date et son heure, son lieu et sa magnitude. Selon l’USGS, aucun scientifique n’a jamais prédit un grand séisme, et personne ne sait le faire (USGS). Le SED le dit aussi pour la Suisse : on ne sait ni où ni quand se produira le prochain fort séisme.

Estimer la probabilité, c’est autre chose. À partir de l’histoire des séismes et de la déformation mesurée du sol, on calcule la force des secousses qu’un lieu a des chances de subir sur une longue période. C’est ce que fait la norme E.030 avec ses zones, et ce que fait l’IGP quand il cartographie les zones où les plaques accumulent de l’énergie. Ces estimations servent à construire et à se préparer, pas à fixer une date.

Détecter, c’est enregistrer un séisme qui vient de se produire. Le réseau de l’IGP localise les séismes et publie ses premiers résultats en quelques minutes.

Alerter de façon précoce, c’est profiter des premières secondes : les capteurs proches de l’épicentre détectent le début du séisme, et un message part avant que les secousses les plus fortes n’atteignent des lieux plus éloignés. Ce n’est pas une prédiction, et plus on est proche de l’épicentre, plus le délai est court, voire nul. Le Pérou construit un tel Système d’alerte sismique péruvien (SASPe) : l’IGP a développé ses capteurs, avec une technologie appelée ALERT-IGP, et des haut-parleurs et des sirènes installés sur la côte doivent diffuser l’alerte. Fin 2025, le directeur de l’IGP indiquait que le projet était encore en développement et visait 2026 ; en 2026, des sirènes ont été utilisées lors des exercices nationaux. À la date où nous écrivons, nous n’avons pas trouvé d’annonce officielle de sa mise en service pour le public : ne comptez pas sur lui.

Le SISMATE, enfin, est le système qui permet à l’INDECI d’envoyer des messages sur les téléphones d’une zone, même sans crédit ni données. Il sert pour un tsunami, un huaico, une éruption ou une inondation. Selon l’IGP, les messages reçus après des séismes récents informaient après coup ; ce n’étaient pas des alertes précoces.

Quelques idées reçues

« Les petits séismes libèrent l’énergie et éloignent le grand. » Non. Un séisme de magnitude 6 libère environ mille fois moins d’énergie qu’un séisme de magnitude 8 : il en faudrait environ mille pour libérer la même énergie. L’IGP demande explicitement d’« en finir avec ce mythe » : un séisme modéré rompt une surface minuscule comparée à celle d’un grand séisme (IGP, août 2026).

« Il n’y a pas eu de grand séisme depuis longtemps, donc il est imminent », ou au contraire « donc il n’arrivera pas ». Une longue période calme signifie que l’énergie s’accumule, pas qu’une date approche. Personne ne peut transformer cette accumulation en calendrier.

« Un immeuble neuf résiste à tout. » La norme vise à éviter l’effondrement, pas tous les dommages, et un bâtiment neuf n’est conforme que s’il a été bien conçu et bien construit.

« La mer se retire toujours avant un tsunami. » Pas toujours : la première vague peut arriver sans que la mer ait reculé.

« Au premier mouvement, il faut courir dehors. » Pas pendant la secousse : c’est en se précipitant dans les escaliers ou sous des façades que l’on risque d’être blessé. On se protège d’abord, on évacue ensuite.

Questions fréquentes

Faut-il renoncer à voyager au Pérou à cause des séismes ?

Les séismes font partie de la vie au Pérou. Un grand séisme peut survenir à tout moment, mais aucune date ne peut être annoncée, et l’immense majorité des secousses ne cause aucun dégât. Ce qui aide vraiment, c’est de savoir où se mettre à l’abri pendant une secousse, où aller ensuite, et que faire au bord de la mer. Avant de partir, lisez les conseils aux voyageurs de votre pays (pour la Suisse, ceux du DFAE), qui signalent les risques du moment.

Où vérifier un séisme que l’on vient de ressentir ?

L’IGP publie en quelques minutes la localisation, la profondeur et la magnitude des séismes ressentis au Pérou, sur son site « Último sismo » et ses réseaux. Les premières valeurs sont provisoires et peuvent être révisées. Pour un séisme lointain, le service géologique des États-Unis (USGS) publie une fiche détaillée. Pour un éventuel tsunami, c’est la Marine (DHN) qui fait foi.

Pourquoi les médias parlent-ils encore de « degrés sur l’échelle de Richter » ?

Par habitude. L’échelle de Richter, créée en 1935 pour la Californie, n’est plus guère utilisée ; pour les grands séismes, les services sismologiques donnent la magnitude de moment (Mw). Et la magnitude n’a pas de « degrés » : c’est un nombre décimal. Les degrés, en chiffres romains, appartiennent à l’intensité, qui décrit les effets en un lieu.

Mon téléphone recevra-t-il une alerte ?

Le Pérou dispose du SISMATE, un système qui diffuse des messages sur les téléphones d’une zone, sans crédit ni données mobiles, pour des dangers comme un tsunami, un huaico ou une éruption. La réception dépend de l’appareil et du réseau. Ces messages informent : ce ne sont pas des alertes sismiques précoces, qui n’étaient pas encore en service public au moment où nous écrivons. Ne comptez pas sur votre téléphone pour vous prévenir avant une secousse.

Les répliques sont-elles dangereuses ?

Elles sont plus faibles que le séisme principal, mais elles peuvent achever un bâtiment déjà fragilisé : après le séisme de Chupaca (Junín) de juillet 2026, l’IGP rapporte qu’une réplique de magnitude 5,0 a fait tomber des maisons déjà touchées. Après une forte secousse, n’entrez pas dans un bâtiment endommagé et restez attentif pendant plusieurs jours.

Et si la terre tremble pendant une excursion en montagne ?

Mettez-vous à l’écart des pentes, des falaises et des murs, et suivez les consignes de votre guide. Dans les Andes, les secousses font souvent tomber des pierres et des pans de terrain sur les routes : un trajet peut être coupé. Une journée de marge dans l’itinéraire évite que tout le voyage en dépende.

Sources et dates

33 sources

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Sources consultées

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