En bref
Distinguez quatre rencontres : l’atelier d’un artisan, la visite d’une ferme ou d’un producteur, la nuit chez une famille, la fête publique. Pour chacune, demandez qui organise, qui est payé et combien, et ce qui peut être photographié. Quelques pistes : Lamas et son quartier quechua, le Titicaca (Uros, Taquile, Amantaní), Yarinacocha et le kené shipibo, Chincha et la culture afro-péruvienne, les artisans d’Ayacucho, du Mantaro et de Catacaos.
Quatre rencontres, quatre accords
| Rencontre | Ce que l’on fait | Ce qui doit être convenu | Qui est payé |
|---|---|---|---|
| L’atelier d’un artisan | On regarde une technique, on essaie parfois, on achète | La durée, ce qui peut être filmé, le prix de la démonstration ou de l’initiation | L’artisan, directement, pour son temps et ses pièces |
| La ferme ou le producteur | Cacao, café, pommes de terre, quinoa, pêche : on suit une étape du travail | Le programme, la saison réelle de la récolte, le repas éventuel | La famille ou la coopérative, pas seulement le transporteur |
| La nuit chez l’habitant | On partage un repas, une soirée, parfois une tâche | Le couchage, les repas, la participation attendue, les règles de la maison | La famille, avec une part connue si une agence intervient |
| La fête publique | On assiste à une procession, une danse, un marché de fête | Rien, sinon la discrétion : on n’entre pas dans le cercle, on ne bloque pas un passage | Personne : achetez sur place, aux vendeurs de la fête |
Une démonstration organisée pour des visiteurs n’est pas une fausse rencontre, à condition qu’elle soit présentée comme telle et rémunérée.
Avant de réserver : trois questions
- Qui organise, et qui décide du programme ? La communauté ou la famille choisit-elle ce qu’elle montre, les horaires, le nombre de visiteurs ?
- Qui reçoit l’argent, et combien ? Une agence peut très bien rémunérer correctement une famille ; elle doit pouvoir dire comment.
- Qu’attend-on de vous ? Une participation à un travail, une tenue, un cadeau, une règle sur les photos.
Voir visites communautaires : qui organise, qui reçoit l’argent ?.
Ce que l’on peut apprendre, lieu par lieu
Lamas et le Wayku (San Martín). Près de Tarapoto, le quartier du Wayku est le principal centre de la communauté de langue quechua lamista, dont une partie descendrait, selon la tradition, de peuples andins réfugiés en forêt au XVe siècle. On y apprend la céramique et le tissage, payés à la personne qui anime l’atelier. Voir Lamas.
Le lac Titicaca : trois manières de vivre le lac.
- Les Uros vivent sur une centaine d’îles flottantes de roseaux totora, près de Puno ; ils parlent aymara et espagnol depuis des siècles, leur langue d’origine s’étant éteinte. On y apprend comment une île se construit et s’entretient ; la visite est courte.
- À Taquile, l’art textile est inscrit par l’UNESCO : les hommes tricotent les bonnets (chullos), les femmes tissent les larges ceintures dont les motifs suivent le calendrier agricole. La communauté a construit un accueil qu’elle contrôle (hébergement, repas, guides).
- À Amantaní, il n’y a pas d’hôtel : des familles reçoivent pour la nuit, en général par l’intermédiaire des guides et des agences. On partage le repas et la soirée.

Voir Puno et le Titicaca.
Yarinacocha et les Shipibo-Konibo (Ucayali). Ce peuple de langue pano, 34 152 personnes selon le recensement de 2017, vit le long de l’Ucayali et autour du lac de Yarinacocha, près de Pucallpa. Les femmes tracent le kené, motifs géométriques reconnus patrimoine culturel de la Nation en 2008, sur les textiles et les céramiques. On apprend à lire ces motifs, à reconnaître une pièce brodée d’une copie imprimée, en achetant directement aux artistes. À Lima, des familles shipibo vivent à Cantagallo, où l’on achète lors de foires ouvertes au public. Voir Pucallpa et Yarinacocha et le Rímac.
Chincha et El Carmen (Ica). Un des grands foyers de la culture afro-péruvienne, héritière des Africains réduits en esclavage dans les haciendas de la vallée. On y apprend le zapateo et la musique, les danses de Noël du Hatajo de Negritos, inscrit par l’UNESCO en 2019, et une cuisine propre : la sopa seca, la carapulcra. Les fêtes se vivent à leurs dates, pas à la demande. Voir Chincha.
Les artisans.
- À Catacaos, près de Piura : l’orfèvrerie en filigrane d’or et d’argent, dont les boucles d’oreilles « dormilonas », et les chapeaux de paille toquilla, tissés surtout par des femmes.
- À Chulucanas, près de Piura : la céramique noire de La Encantada, protégée par une appellation d’origine depuis 2006.
- À Ayacucho : le retablo, boîte peinte peuplée de figurines, né du « cajón de San Marcos » que l’on portait pour protéger le bétail ; et la sculpture en piedra de Huamanga, un albâtre local.
- Dans la vallée du Mantaro, près de Huancayo : les mates burilados, calebasses gravées au burin, surtout à Cochas Chico et Cochas Grande ; une pièce demande deux à trois jours de travail.
- À Lima, Gamarra montre l’autre face du textile : celle de l’industrie et des ateliers. Voir Gamarra.
Demandez à chaque artisan la matière, le temps passé et ce que représente la pièce : la réponse fait partie de ce que vous achetez. Voir artisanat : la matière, la provenance, l’auteur.
Nommer correctement
- Le Pérou reconnaît des peuples autochtones ou originaires ; le ministère de la Culture les présente un par un dans sa base de données des peuples autochtones (BDPI), avec leur langue et leur territoire. La lire avant une visite est la meilleure préparation.
- Quechua et aymara désignent des langues et des peuples ; il existe plusieurs variétés de quechua (lamista, de Cusco, d’Ayacucho…).
- Shipibo-Konibo (langue pano), Asháninka et Yanesha (langues arawak) sont des peuples amazoniens différents. « Yanesha », qui signifie « nous, les gens », a remplacé vers 1980 le nom colonial d’« Amuesha » : employez le nom que le peuple s’est choisi.
- On parle de culture afro-péruvienne pour l’héritage des Africains amenés au Pérou.
Quelques mots dans la langue de vos hôtes sont toujours bien reçus. Voir habitudes locales et le lexique.
Ce que SwissLima propose, et ne propose pas
À ce jour, nous ne vendons aucune visite de communauté : les lieux ci-dessus sont des pistes, pas des partenariats. Nous ne vendrons ni rencontre automatique, ni photographie de personnes comprise dans un prix, ni visite chez un producteur qui n’a rien accepté. Si nous proposons un jour des rencontres, ce sera avec des personnes qui l’ont accepté, et nous le dirons clairement.
Questions fréquentes
Faut-il apporter des cadeaux ?
Pour une nuit chez l’habitant, comme à Amantaní, l’usage est d’apporter des produits de base (riz, huile, fruits) ou des fournitures scolaires plutôt que des sucreries. Pour une visite d’atelier, le meilleur cadeau est un achat direct, au prix demandé.
Peut-on visiter une communauté sans être invité ?
Non. Un quartier ou un village est un lieu de vie. Passez par une visite convenue à l’avance, rémunérée, où l’on vous dit ce qui est possible. Une fête publique est différente : on y assiste en spectateur, avec discrétion.
Sources et dates
5 sources
Prix, horaires et règles changent : chaque information citée renvoie à sa source, avec sa date de consultation.
Sources consultées
- UNESCO, Taquile et son art textile (2008) (nouvel onglet) (consulté le 2 octobre 2026)
- Ministère de la Culture, base de données des peuples autochtones : Shipibo-Konibo (nouvel onglet) (consulté le 2 octobre 2026)
- Ministère de la Culture, base de données des peuples autochtones : Yanesha (nouvel onglet) (consulté le 2 octobre 2026)
- PROMPERÚ, la sopa seca de Chincha (nouvel onglet) (consulté le 2 octobre 2026)
- Wikipédia, Uru people, Taquile, Amantaní (anglais) ; Retablo ayacuchano, Piedra de Huamanga, Mate burilado, Catacaos, Cerámica de Chulucanas (espagnol) (nouvel onglet) (consulté le 2 octobre 2026)
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