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Ensemble de voyage

Arequipa et le grand sud : prendre le temps

L’église blanche de Yanque et sa place, devant les terrasses et les montagnes de la vallée du Colca
Illustration : l’église de Yanque, dans la vallée du Colca

Le grand sud monte par paliers : Arequipa vers 2 300 mètres, le Colca et ses villages vers 3 600, Puno et le lac Titicaca vers 3 800, avec des cols à près de 5 000 mètres entre les deux. Cet étagement, et les longues routes de l’altiplano, décident du rythme du voyage.

Texte révisé le 7 octobre 2026

L’essentiel pour décider

Pourquoi venir
Une ville de pierre volcanique, l’un des canyons les plus profonds du monde, le plus grand lac des Andes et ses îles habitées, et un sud plus confidentiel.
Temps proposé
Sept à huit jours d’Arequipa à Cusco par le Colca et Puno ; trois à quatre de plus pour Moquegua, Tacna et Ilo.
Place dans le voyage
Entre la côte sud et Cusco, en montant progressivement.
Pour qui
Ceux qui aiment les villes, la cuisine et les paysages d’altitude, et acceptent de longues routes.
À prévoir
L’altitude du Colca et de Puno, et des transferts longs entre les étapes.

Sources consultées le 2 octobre 2026

Voir la carte de la région
Les points situent les lieux ; ils n’indiquent ni un trajet ni un temps de route. Ensembles de voyage, pas un découpage administratif. Les points en couleur et les noms mènent à la fiche du lieu. Fond de carte : Natural Earth (domaine public). Coordonnées : Wikidata.

En bref

Le parcours classique enchaîne deux ou trois jours à Arequipa, deux jours au Colca, deux jours à Puno et sur le lac, puis Cusco par la route ou le train ; le passage d’Arequipa à Chivay fait gagner environ 1 300 mètres d’altitude de sommeil en un jour, ce que les nuits d’Arequipa ne compensent pas. Choisissez au Colca entre l’excursion panoramique (Chivay, Cruz del Cóndor) et le trek dans le canyon depuis Cabanaconde ; sur le lac, entre les îles flottantes des Uros, Taquile et une nuit chez l’habitant à Amantaní. Moquegua, Tacna et Ilo s’adressent à ceux qui ont du temps ou continuent vers le Chili.

Quatre étages d’altitude

Étape Altitude Ce qu’elle demande
Arequipa environ 2 335 m Une bonne étape pour commencer
Col de Patapampa, entre Arequipa et le Colca environ 4 900 m On ne fait qu’y passer, mais c’est le point le plus haut de la route
Chivay, au Colca environ 3 600 m Première nuit en altitude, après un gain d’environ 1 300 m depuis Arequipa : surveillez les symptômes
Cabanaconde, départ du trek environ 3 300 m
Puno et le lac Titicaca environ 3 830 m ; lac à environ 3 810 m Nuits froides, effort limité le premier jour

Le CDC recommande, au-dessus de 3 000 mètres, de ne pas augmenter l’altitude de sommeil de plus de 500 mètres par nuit et de prévoir des jours d’acclimatation. Le parcours Arequipa–Colca–Puno ne respecte pas cette règle à un endroit : entre Arequipa (environ 2 335 m) et Chivay (environ 3 600 m), l’altitude de sommeil gagne environ 1 300 mètres en une journée, après un col proche de 5 000 mètres. Commencer par Arequipa aide, mais ne garantit pas l’acclimatation à Chivay : gardez une soirée sans effort, une marge dans le programme, et la possibilité de redescendre ou de renoncer en cas de symptômes. Dans l’autre sens, depuis la Vallée sacrée puis Cusco et Puno, la progression est plus régulière, et l’on redescend vers Chivay. Voir altitude.

Distances : Arequipa–Chivay 151 km ; Chivay–Cruz del Cóndor 45 km ; Cruz del Cóndor–Cabanaconde 12 km ; Chivay–Puno 273 km ; Arequipa–Puno 273 km ; Puno–Sillustani 33 km ; Puno–Cusco 387 km ; Arequipa–Moquegua 221 km ; Moquegua–Ilo 74 km ; Moquegua–Tacna 160 km.

Colca

Le Colca est d’abord une vallée habitée avant d’être un canyon. En amont de Chivay, au-dessus de 3 500 mètres, on élève lamas et alpagas ; en aval, la vallée se couvre de terrasses agricoles cultivées sans interruption depuis l’époque préinca par les Collaguas, de langue aymara, et les Cabanas, de langue quechua. Les villages actuels (Chivay, Yanque, Coporaque, Maca, Pinchollo, Cabanaconde) ont été regroupés par les Espagnols dans les années 1570, chacun autour de son église. Plus bas, le fleuve s’enfonce : le canyon atteint environ 3 270 mètres de profondeur, ce qui en fait l’un des plus profonds du monde.

Canyon profond aux versants couverts de terrasses agricoles, rivière au fond et condor en vol
Illustration : un condor au-dessus d’un canyon en terrasses

Deux façons de le vivre.

Excursion panoramique Trek dans le canyon
Durée Deux jours, une nuit à Chivay ou Yanque Deux ou trois jours depuis Cabanaconde
Ce que l’on fait Route depuis Arequipa par le col de Patapampa, villages et terrasses, belvédère de la Cruz del Cóndor le matin Descente à pied jusqu’au fond du canyon, nuit dans un village ou à l’oasis de Sangalle, remontée
Effort Faible ; altitude de route très élevée Élevé : environ 1 000 mètres de descente puis de remontée, sur des sentiers raides, au soleil
Pour qui Tous les voyageurs bien acclimatés Marcheurs en bonne forme, après quelques jours à Arequipa

Cabanaconde est à environ 3 300 m ; jusqu’à l’oasis de Sangalle, environ 6 km pour quelque 1 050 m de dénivelé, de 3 300 m à environ 2 250 m. La remontée, souvent faite très tôt pour éviter la chaleur, est la partie la plus dure. Demandez avant de partir s’il existe une solution pour remonter en cas de fatigue (une mule, par exemple) et à quel prix.

Les condors. Le belvédère de la Cruz del Cóndor, près de la partie la plus profonde du canyon, est le meilleur point d’observation, le matin, quand les oiseaux profitent des courants chauds. Aucun programme sérieux ne peut garantir leur présence.

Le billet. L’entrée de la vallée est soumise à un billet touristique vendu par l’autorité autonome du Colca (AUTOCOLCA) : S/ 70, contrôlé à l’entrée de Chivay.

Puno et le Titicaca

Puno pour elle-même. Puno n’est pas qu’un port d’embarquement. C’est la capitale du folklore péruvien : la fête de la Virgen de la Candelaria, en février, rassemble pendant plusieurs semaines des milliers de danseurs et de musiciens des communautés quechuas et aymaras de la région ; elle change aussi la façon de s’y déplacer et de réserver (voir fêtes et calendrier). Hors de la fête, prévoyez une demi-journée pour la ville, sa cathédrale et le front du lac, et goûtez la truite frite du lac, servie avec pommes de terre, riz et salade.

Chemin de pierre entre des murets sur une île, champs en terrasses et lac bleu immense, sommets enneigés sur l’autre rive
Illustration : un chemin de pierre sur une île du lac Titicaca

Sillustani, à 33 km au nord, mérite une demi-journée : au bord du lac Umayo se dressent des chullpas, tours funéraires où les élites qollas, puis incas, déposaient leurs morts. Certaines sont restées inachevées, avec la rampe qui servait à monter les blocs, ce qui permet de comprendre leur construction.

Le lac et ses îles. Le Titicaca, à environ 3 810 m, est le plus grand lac d’Amérique du Sud, partagé entre le Pérou et la Bolivie. Trois visites très différentes :

Uros Taquile Amantaní
Ce que c’est Environ 120 îles flottantes faites de blocs de racines et de couches de roseaux (totora), habitées Une île de 5,5 km de long, à environ 45 km de Puno, habitée par quelque 2 200 personnes de langue quechua Une île ronde d’environ 9 km², habitée par plus de 3 500 personnes de langue quechua, avec deux sommets coiffés de temples
Ce que l’on y découvre La construction des îles, qu’il faut refaire tous les vingt-cinq ans environ, et les bateaux de roseaux Un art textile reconnu par l’UNESCO : les hommes tricotent, les femmes filent, teignent et tissent les ceintures La vie d’une famille paysanne, ses terrasses, ses repas
Durée Une demi-journée Une journée Deux jours, avec une nuit chez l’habitant
Effort Aucun Montée du débarcadère au village, à village principal vers 3 950 m, point culminant vers 4 050 m Montée aux sommets si vous le souhaitez
À savoir Visite très touristique : l’économie des îles en dépend ; on vous proposera un tour de bateau et de l’artisanat La communauté a créé sa propre organisation touristique pour reprendre la main sur les visites L’accueil chez l’habitant passe par des agences et des familles agréées ; demandez qui reçoit l’argent
Île de roseaux avec des huttes et une barque de totora, sur un lac bleu
Illustration : une île flottante des Uros, sur le lac Titicaca

La journée classique « Uros et Taquile » enchaîne les deux. Une nuit à Amantaní, organisée à l’avance, permet de ralentir ; apportez un petit présent utile (fruits, denrées, fournitures scolaires plutôt que des sucreries) et des vêtements chauds. Le DFAE recommande une grande prudence à Puno et dans ses environs en raison des grèves et blocages : vérifiez la situation avant de partir, et ne tentez jamais de franchir un barrage.

Avec ou sans le lac : deux parcours comparés

Avec le lac Sans le lac
Itinéraire Arequipa, Colca, Puno, Cusco par la route ou le train Arequipa, Colca, retour à Arequipa, vol pour Cusco
Durée d’Arequipa à Cusco Sept à huit jours Cinq à six jours
Transferts Colca–Puno par l’altiplano (une journée de route) ; Puno–Cusco en bus (une journée) ou en train (environ 10 h 30) Colca–Arequipa (une demi-journée) ; vol Arequipa–Cusco (environ 1 h)
Altitude Progression régulière jusqu’à 3 800 m Retour à 2 300 m, puis arrivée directe à 3 400 m
Ce que l’on gagne Le lac, les îles, l’altiplano Deux ou trois jours et moins de route

Comptez chaque transfert comme une journée : les routes de l’altiplano franchissent des cols élevés, et l’on arrive souvent fatigué. Le train Cusco–Puno est un train touristique de jour qui ne circule pas tous les jours : vérifiez son calendrier.

Quand l’altitude impose de renoncer

Si les symptômes persistent ou s’aggravent au Colca ou à Puno, la seule mesure qui marche vraiment est de redescendre. Concrètement : depuis Chivay, retour à Arequipa dans la journée ; depuis Puno, l’aéroport de Juliaca permet de rejoindre Lima. Gardez des réservations modifiables sur cette partie du voyage, et une journée de marge. Un essoufflement au repos, une confusion ou des difficultés à marcher demandent une aide médicale urgente.

Moquegua

Moquegua, à environ 1 400 mètres dans une vallée désertique irriguée, est la seule vallée du Pérou qui conserve à la fois des sites wari et tiwanaku. Le plus spectaculaire est le Cerro Baúl, une montagne tabulaire dont le sommet, quelque 600 mètres au-dessus de la vallée, portait un avant-poste wari : temples en forme de D, résidences de l’élite, et les restes d’une brasserie de chicha où se tenaient des banquets. La culture chiribaya s’est ensuite développée dans la vallée et sur la côte, entre l’an 1000 et 1360 environ.

En ville, PROMPERÚ met en avant la Plaza Mayor et ses maisons anciennes (Casa de la Flor, Casa Chocano), la cathédrale Santo Domingo et l’église Santa Catalina de Alejandría. La vallée produit du pisco et du vin ; côté cuisine, la patasca moqueguana, soupe de tripes et de maïs, figure parmi les spécialités. Une journée suffit pour la ville et le Cerro Baúl, à condition d’y monter tôt, avant la chaleur.

Tacna

Tacna, à environ 35 km de la frontière chilienne, porte une forte identité patriotique : c’est là que Francisco Antonio de Zela lance en 1811 un premier soulèvement pour l’indépendance, et la ville a été occupée et administrée par le Chili de 1880 à 1929, avant son retour au Pérou par le traité de Lima, tandis qu’Arica restait chilienne. Les monuments et noms de rues en gardent la mémoire.

À voir selon PROMPERÚ : le Paseo Cívico et sa cathédrale, le musée ferroviaire consacré à la ligne Tacna–Arica, construite au milieu du XIXe siècle, le complexe archéologique de Miculla et ses pétroglyphes (à environ 26 km de la ville), et la zone humide d’Ite pour l’observation des oiseaux. Donnez à Tacna une journée propre, avec un déjeuner, plutôt qu’une attente entre deux bus.

Vers le Chili. Le passage se fait par la route vers Arica. Le DFAE rappelle qu’au passage d’une frontière terrestre il faut se présenter au bureau de migration pour faire enregistrer sa sortie, et qu’une entrée mal enregistrée peut empêcher de quitter le pays. Vérifiez les règles d’entrée au Chili pour votre nationalité. Ne comptez pas sur le train Tacna–Arica sans avoir vérifié qu’il circule à vos dates.

Ilo

Ilo est un port, ancien territoire de la culture chiribaya, puis pays d’oliviers à l’époque coloniale, relié autrefois à Moquegua par une voie ferrée. On y vient pour une promenade sur le front de mer, un repas de poisson et les plages des environs que présente PROMPERÚ. C’est une extension pour ceux qui ont du temps et une envie précise de côte : elle n’a pas besoin d’être imposée à tous les premiers voyages, et se combine naturellement avec Moquegua (74 km).

Questions fréquentes

Faut-il passer par le lac Titicaca ?

Non. Sans le lac, on rejoint Cusco depuis Arequipa en avion en une heure environ et l’on gagne deux à trois jours. Avec le lac, on monte progressivement et l’on découvre une autre culture andine, celle des Aymaras et des Quechuas de l’altiplano.

Uros, Taquile ou Amantaní ?

Les Uros, îles de roseaux près de Puno, se visitent en une demi-journée. Taquile, à environ 45 km, demande une journée et une montée à pied ; on y vient pour l’art textile et l’organisation communautaire. Amantaní se prête à une nuit chez une famille, organisée à l’avance.

Est-on sûr de voir des condors au Colca ?

Non. Leur présence dépend de la saison, de l’heure et du temps. Le matin au belvédère de la Cruz del Cóndor offre les meilleures chances, sans garantie.

Sources et dates

10 sources

Prix, horaires et règles changent : chaque information citée renvoie à sa source, avec sa date de consultation.

Chiffres et règles cités

Sources consultées

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